
Pour de nombreuses personnes, le simple mot « sport » évoque des images désagréables : des salles de sport bondées saturées d’odeurs de transpiration, des vestiaires impersonnels, des entraînements répétitifs et épuisants, ou encore le regard critique d’autrui sur ses performances. Cette aversion n’est pas une simple caprice, mais souvent le résultat d’expériences négatives accumulées depuis l’enfance, de prédispositions physiologiques particulières, ou simplement d’une personnalité qui trouve difficilement sa place dans les cadres sportifs traditionnels. Pourtant, l’importance du mouvement pour la santé physique et mentale reste indiscutable. La sédentarité, véritable fléau contemporain, augmente significativement les risques de maladies cardiovasculaires, de troubles métaboliques et de dépression. Comment alors concilier ce besoin vital de bouger avec une répulsion sincère envers les pratiques sportives conventionnelles ?
Comprendre l’aversion pour l’activité physique : physiologie et psychologie du dégoût sportif
Avant de vous orienter vers des alternatives adaptées, il est essentiel de comprendre les racines profondes de votre aversion pour le sport. Cette compréhension vous permettra de mieux cibler les activités qui correspondront véritablement à votre profil. L’aversion sportive n’est jamais monolithique : elle résulte souvent d’une combinaison de facteurs physiologiques, psychologiques et sociaux qui méritent d’être explorés avec bienveillance plutôt que culpabilité.
Sur le plan physiologique, certaines personnes possèdent naturellement une proportion plus élevée de fibres musculaires de type I, adaptées aux efforts d’endurance prolongés, tandis que d’autres disposent davantage de fibres de type II, favorisant les efforts courts et intenses. Si votre composition musculaire ne correspond pas au type d’effort qu’on vous impose, vous ressentirez une difficulté disproportionnée et un découragement légitime. De plus, la thermorégulation varie considérablement d’un individu à l’autre : certaines personnes transpirent abondamment même lors d’efforts modérés, créant un inconfort majeur qui transforme chaque séance en épreuve désagréable.
Les dimensions psychologiques sont tout aussi importantes. Des expériences négatives durant l’enfance – humiliations lors des cours d’éducation physique, comparaisons défavorables avec des camarades plus athlétiques, ou pression parentale excessive – peuvent créer des associations négatives durables avec l’activité physique. Ces traumatismes mineurs mais répétés conditionnent le cerveau à percevoir le sport comme une menace plutôt qu’un plaisir. Selon des études récentes en psychologie du sport, environ 35% des adultes qui détestent l’exercice physique rapportent des souvenirs négatifs liés à leur scolarité.
La pression sociale et la culture de la performance constituent un troisième facteur déterminant. Dans notre société où l’image corporelle occupe une place démesurée, les espaces sportifs traditionnels peuvent devenir des lieux d’anxiété plutôt que de bien-être. La peur du jugement, l’impression de ne pas être à sa place, ou le sentiment d’incompétence face aux codes vestimentaires et comportementaux des salles de sport créent des barrières psychologiques considérables. Cette dimension anxiogène transforme ce qui devrait être un moment de détente en source de stress supplémentaire.
Comprendre ces mécanismes n’est pas un exercice d’introspection gratuit : cela vous permet d’identifier précisément ce que vous cherchez à éviter. Détestez-vous la transpiration excessive
ou l’essoufflement rapide ? Redoutez-vous plutôt le regard des autres, la compétition, ou l’ennui des exercices répétitifs ? En mettant des mots précis sur ce qui vous rebute (la sueur, la douleur musculaire, le chronomètre, les vestiaires, le bruit…), vous pourrez choisir des pratiques physiques qui n’activent pas ces « déclencheurs de dégoût ». Cette approche est capitale : il ne s’agit pas de vous forcer à aimer le sport, mais de contourner intelligemment ce qui vous le fait détester.
À cela s’ajoute votre tempérament de base. Certaines personnes sont naturellement plus sensibles aux stimulations sensorielles (bruit, lumière, contact physique), d’autres ont besoin de variété constante, ou au contraire de rituels prévisibles. Si vous êtes introverti·e, une salle bondée peut être épuisante avant même de commencer, alors qu’une marche tranquille ou une séance de yoga à domicile sera beaucoup plus agréable. Enfin, des facteurs comme l’anxiété sociale, une estime de soi fragile, ou un passé de blessure peuvent renforcer l’association entre effort physique et danger.
Prendre conscience de tout cela permet de changer de paradigme : au lieu de vous dire « je suis nul·le en sport », vous pouvez penser « je n’ai juste pas encore trouvé la forme de mouvement adaptée à ma physiologie et à ma psychologie ». C’est sur cette base que l’on peut bâtir une activité physique sans pression de performance, en choisissant des pratiques plus douces, plus ludiques ou mieux intégrées à votre vie quotidienne.
Les disciplines douces axées sur la connexion corps-esprit
Si vous avez une aversion marquée pour le sport intense, les disciplines corps-esprit constituent souvent une porte d’entrée idéale. Elles privilégient la conscience de soi, la respiration, la lenteur et le respect des limites physiques plutôt que la performance. L’effort y est présent, mais dilué, progressif, et surtout encadré par une attention bienveillante à vos sensations internes.
Ces pratiques ont également l’avantage de réduire le stress, d’améliorer le sommeil et de diminuer les douleurs chroniques, ce qui les rend particulièrement adaptées si vous êtes déjà fatigué·e ou tendu·e par un rythme de vie exigeant. Les études montrent par exemple que le yoga doux ou le Tai Chi peuvent réduire jusqu’à 30 % certains symptômes d’anxiété et de dépression après quelques mois de pratique régulière. Autrement dit, même si vous n’aimez pas le sport, ces disciplines peuvent devenir un outil global de mieux-être.
Le hatha yoga et ses variantes restauratives pour débutants réticents
Le Hatha Yoga est souvent la forme la plus accessible pour les personnes qui n’aiment pas le sport. Il s’agit d’un yoga relativement lent, centré sur des postures tenues quelques respirations, entrecoupées de moments de repos. L’objectif n’est pas de « réussir » la posture parfaite, mais d’explorer progressivement votre mobilité, votre équilibre et votre respiration. Pour quelqu’un qui déteste courir ou faire du fitness, c’est une alternative où l’effort est discret mais réel.
Les variantes restauratives (yoga restauratif, Yin yoga) vont encore plus loin dans la douceur. On y tient des postures au sol pendant plusieurs minutes, soutenu·e par des coussins, couvertures et briques. La sensation est plus proche d’une sieste active ou d’un long étirement que d’un entraînement. Pourtant, ces séances améliorent la souplesse, dénouent les tensions musculaires et développent une meilleure conscience corporelle, essentielle pour éviter les blessures au quotidien.
Concrètement, si vous êtes réticent·e, commencez par un cours pour « grands débutants » ou « yoga doux », en petit groupe ou en ligne depuis chez vous pour limiter le malaise social. Privilégiez des enseignants qui insistent sur l’absence de compétition et la possibilité d’adapter chaque posture. En quelques semaines, vous pourrez ressentir une meilleure aisance dans votre corps, sans jamais avoir eu l’impression de « faire du sport » au sens traditionnel.
Le tai chi chuan : art martial interne sans intensité cardiovasculaire
Souvent décrit comme une « méditation en mouvement », le Tai Chi Chuan est un art martial interne qui se pratique à très faible intensité. Les enchaînements de mouvements sont lents, circulaires, fluides, presque chorégraphiés. Il n’y a ni saut, ni sprint, ni exercices épuisants : le travail se fait surtout sur l’équilibre, la coordination et la respiration abdominale.
Pour une personne qui associe le sport à l’essoufflement, à la souffrance musculaire ou à la transpiration, le Tai Chi peut être une révélation. La perception d’effort est faible, mais les bénéfices sur la posture, la stabilité et la gestion du stress sont bien documentés, notamment chez les adultes sédentaires. Certaines études chez les seniors montrent une réduction du risque de chute allant jusqu’à 50 % après quelques mois de pratique régulière.
Autre avantage : les cours de Tai Chi se déroulent souvent dans des ambiances calmes, parfois en plein air, avec des pratiquants de tous âges. L’absence de compétition et la dimension presque contemplative de la pratique permettent d’y venir même si vous vous sentez « allergique » aux salles de sport. Vous pouvez commencer par un cours hebdomadaire et compléter par quelques minutes quotidiennes d’auto-pratique, comme un rituel matinal doux.
La méthode feldenkrais et la prise de conscience par le mouvement
Moins connue du grand public, la méthode Feldenkrais est pourtant particulièrement adaptée aux personnes qui n’aiment pas le sport et qui se sentent souvent « raides » ou maladroites. Il ne s’agit pas d’un sport au sens classique, mais d’une pédagogie du mouvement : par de petits gestes lents et précis, guidés par la voix du praticien, vous apprenez à bouger avec plus d’aisance et moins de tension.
Les séances se déroulent souvent allongé·e sur un tapis, parfois assis·e ou debout, et consistent en des explorations simples : tourner la tête, lever un bras, fléchir le bassin… On pourrait comparer cela à un « réglage fin » de votre logiciel corporel, un peu comme on défragmente un disque dur pour qu’il fonctionne mieux. La dépense énergétique est faible, mais le système nerveux apprend à utiliser les muscles de manière plus harmonieuse.
Cette approche est idéale si vous avez eu de mauvaises expériences de sport (douleurs, blessures, sensation d’être « mal foutu·e ») car elle ne demande ni force, ni endurance, ni performance. Beaucoup de personnes rapportent une sensation de légèreté et de bien-être après une séance, comme si leurs articulations étaient « huilées ». À terme, cela peut faciliter la pratique d’autres activités physiques plus dynamiques, sans réveiller votre dégoût sportif.
Le qi gong thérapeutique pour mobiliser l’énergie sans effort
Le Qi Gong (ou Chi Kung) est une autre discipline douce issue de la tradition chinoise, centrée sur la circulation de l’« énergie vitale ». Concrètement, il combine des mouvements lents, des postures statiques simples, des exercices respiratoires et parfois de la visualisation. Le Qi Gong thérapeutique est souvent utilisé comme complément dans la prise en charge du stress, des troubles du sommeil ou de certaines douleurs chroniques.
Pour vous qui n’aimez pas le sport, l’attrait principal du Qi Gong est sa faible perception d’effort. Les séances peuvent être pratiquées par presque tout le monde, y compris en cas de surpoids, de fatigue ou de condition physique limitée. C’est un peu comme si vous faisiez de l’« entretien énergétique » de votre corps, au lieu d’un entraînement sportif au sens strict.
En pratique, quelques séances guidées suffisent à apprendre une courte série de mouvements que vous pouvez ensuite reproduire chez vous en dix à quinze minutes. Vous pouvez par exemple l’intégrer le matin pour vous réveiller en douceur, ou le soir pour évacuer les tensions de la journée. Sans courir, sans transpirer, vous développez tout de même une régularité de mouvement bénéfique pour votre santé globale.
Les activités ludiques déguisant l’effort physique
Si le problème n’est pas tant l’effort physique que la forme sous laquelle il est présenté, les activités ludiques sont vos meilleures alliées. Au lieu de « faire du sport », vous « jouez », vous socialisez, vous résolvez des défis. L’effort cardio ou musculaire devient un effet secondaire presque accidentel. C’est un peu comme glisser des légumes dans une sauce pour les faire manger à un enfant : le cerveau ne se focalise plus sur ce qu’il n’aime pas.
Ces activités ont un autre avantage majeur : elles favorisent l’adhérence à long terme. On continue plus facilement une pratique qui procure du plaisir immédiat (rire, danse, découverte, interaction sociale) plutôt qu’une séance de cardio vécue comme une corvée. Si vous vous surprenez à penser « ah bon, mais c’était du sport ça ? », c’est que vous êtes sur la bonne voie.
La danse sociale : salsa, bachata et kizomba comme exercice déguisé
La danse sociale est l’exemple parfait d’un « exercice déguisé ». En soirée salsa ou bachata, vous êtes concentré·e sur la musique, le partenaire, les pas à suivre, l’ambiance… pas sur votre fréquence cardiaque. Pourtant, une heure de danse dynamique peut brûler autant, voire plus, de calories qu’une séance de footing modéré. De nombreuses personnes qui détestent la course à pied adorent passer des heures sur la piste de danse sans voir le temps passer.
La salsa, la bachata ou la kizomba ont l’avantage d’être accessibles aux débutants grâce aux cours d’initiation et aux soirées « practica ». Vous progressez par petits pas, dans un environnement souvent bienveillant, où l’on valorise le plaisir de danser plutôt que la perfection technique. La dimension sociale est centrale : rencontrer de nouvelles personnes, rire de ses erreurs, sentir la musique… autant de facteurs qui rendent l’effort beaucoup plus acceptable.
Si l’idée de danser en public vous intimide, vous pouvez commencer par des cours en ligne chez vous, ou des ateliers « débutants timides » souvent proposés par les écoles de danse. L’important est de vous rappeler que personne ne vous demande d’être performant·e : vous êtes là pour bouger, vous amuser, et – accessoirement – entretenir votre santé cardiovasculaire sans y penser.
Le geocaching et la randonnée urbaine gamifiée
Avez-vous déjà eu l’impression de marcher des kilomètres sans vous en rendre compte lors d’une visite de ville ou d’un voyage ? Le geocaching et la randonnée urbaine gamifiée exploitent exactement ce principe. Le geocaching est une sorte de chasse au trésor mondiale, où des « caches » sont dissimulées dans l’espace public et référencées via une application. Pour les trouver, vous devez marcher, parfois grimper quelques marches, explorer des parcs ou des quartiers inconnus.
La randonnée urbaine gamifiée, quant à elle, consiste à transformer une simple balade en jeu : suivre un itinéraire à thème, résoudre des énigmes, collectionner des points d’intérêt sur une application, ou encore participer à des visites guidées interactives. Dans les deux cas, votre attention est accaparée par la quête ou la découverte, et non par l’effort déployé. Une promenade de 8 000 à 10 000 pas peut alors ressembler davantage à une aventure qu’à un entraînement.
Vous pouvez commencer très simplement : choisir un nouveau quartier à explorer chaque semaine, installer une application de geocaching ou de randonnée ludique, fixer un petit objectif comme « découvrir trois nouvelles rues ». Cette approche est particulièrement intéressante si vous avez besoin de sens ou de curiosité pour vous motiver à bouger. Au fil du temps, ces sorties peuvent s’inscrire naturellement dans votre routine de week-end, sans que vous ayez jamais mis les pieds dans une salle de sport.
Les sports de raquette récréatifs : badminton et ping-pong en loisir
Les sports de raquette comme le badminton ou le tennis de table (ping-pong) peuvent être d’excellentes options si vous aimez les activités interactives et rapides, mais pas l’idée d’un entraînement structuré. En mode loisir, ces sports se pratiquent sans notation stricte, sans arbitre, avec la liberté de faire des pauses et d’adapter le niveau d’intensité à votre envie du moment.
Le badminton, par exemple, sollicite le cardio, la coordination et les réflexes, tout en permettant d’alterner les échanges intenses et les phases plus calmes. En intérieur, il est aussi moins dépendant de la météo, ce qui facilite la régularité. Le ping-pong, de son côté, est souvent perçu comme un jeu convivial plus que comme un sport : une table dans un jardin, un sous-sol, une salle commune, et vous avez un prétexte pour bouger tout en discutant.
Si la compétition vous met mal à l’aise, privilégiez les parties en double, les échanges « libres » où l’objectif est de maintenir la balle en jeu plutôt que de gagner des points, ou encore les sessions en famille. L’idée clé est de voir la raquette comme un outil de jeu, pas comme un instrument de performance. En adoptant cet état d’esprit, vous pourrez accumuler de nombreuses minutes d’activité physique sans ressentir le poids du « vrai sport ».
L’escalade de bloc en salle : résolution de problèmes physiques
L’escalade de bloc en salle (bouldering) peut surprendre dans une liste pour personnes qui n’aiment pas le sport, car elle demande de la force et de la coordination. Pourtant, beaucoup de pratiquants y viennent non pas pour « se dépenser », mais pour résoudre des problèmes. Chaque voie est comme une énigme en trois dimensions : où placer les mains ? comment transférer le poids ? quelle séquence de mouvements choisir ?
Cette dimension cognitive est essentielle : votre attention se focalise sur la stratégie, pas sur la sensation d’effort. De plus, les salles modernes proposent des voies de tous niveaux, y compris très accessibles, et une ambiance souvent ludique, où l’on discute au pied des murs, on s’encourage, on essaie et on réessaie. Rien ne vous oblige à grimper haut ni à forcer si vous ne le sentez pas : quelques mouvements proches du sol suffisent à mobiliser l’ensemble du corps.
Pour limiter la peur du regard des autres, vous pouvez choisir des créneaux peu fréquentés, venir avec un·e ami·e, ou même suivre un cours d’initiation pour adultes débutants. Considérez chaque session comme une séance de « casse-tête corporel » plutôt que comme un entraînement : votre cerveau sera tellement sollicité que vous vous rendrez parfois compte de la fatigue musculaire seulement une fois rentré·e chez vous.
Les pratiques aquatiques à faible perception d’effort
Si vous détestez transpirer, que la chaleur des salles de sport vous incommode ou que vos articulations sont sensibles, les pratiques aquatiques représentent une piste de choix. L’eau soutient le corps, amortit les chocs, et donne une agréable sensation de légèreté. Beaucoup de personnes qui se sentent lourdes, gênées ou peu à l’aise dans les mouvements à sec redécouvrent un vrai plaisir à bouger dans un bassin.
Autre avantage : la résistance de l’eau augmente naturellement le travail musculaire tout en diminuant la perception de l’effort. En d’autres termes, vous « travaillez » plus que vous ne le ressentez réellement. Pour celles et ceux qui n’aiment pas le sport, cette dissociation entre effort réel et effort perçu est précieuse : vous récoltez les bénéfices cardiovasculaires et musculaires sans vous sentir « au bout du rouleau ».
L’aquagym et l’aquabiking : résistance hydraulique sans transpiration
L’aquagym consiste à réaliser des mouvements de gym dans l’eau, souvent en musique et en groupe. Grâce à la résistance de l’eau, chaque geste sollicite plus intensément les muscles qu’à l’air libre, tout en restant doux pour les articulations. On estime fréquemment que 30 minutes d’aquagym équivalent à environ 1h30 de gymnastique au sol en termes de dépense énergétique, ce qui en fait une option très rentable pour celles et ceux qui veulent optimiser le temps passé à bouger.
L’aquabiking, lui, se pratique sur un vélo immergé dans un bassin. Là encore, l’eau limite les chocs et masse le corps, ce qui réduit considérablement la sensation de fatigue et peut aider à diminuer l’aspect de la cellulite et la rétention d’eau. Comme vous êtes dans l’eau, la question de la transpiration devient anecdotique : pas de t-shirt trempé, pas de sensation collante, juste une impression de fraîcheur.
Si l’idée d’un cours collectif vous intimide, sachez que de nombreuses piscines proposent des séances avec niveaux débutants, ou des créneaux moins fréquentés. Vous pouvez aussi commencer par suivre un·e ami·e déjà habitué·e : partager ce moment le transforme souvent en activité conviviale plus qu’en « séance de sport ». L’essentiel est de choisir un cours où l’on respecte votre rythme, sans vous pousser au-delà de vos limites.
La natation contemplative et le palming en eau tempérée
La natation n’est pas réservée aux nageurs de compétition enchaînant les longueurs chronométrées. Vous pouvez adopter une approche beaucoup plus contemplative : nager lentement, faire des pauses fréquentes, varier les nages, vous concentrer sur votre respiration et sur les sensations de l’eau sur votre peau. Cette « natation pleine conscience » peut ressembler à une méditation aquatique plutôt qu’à un entraînement.
Le palming (nage avec palmes courtes) est une autre option intéressante. Les palmes augmentent la propulsion, ce qui vous permet d’avancer plus vite avec moins d’effort perçu, tout en faisant travailler efficacement les muscles des jambes et les fessiers. Combiné à un tuba frontal, vous pouvez nager longtemps à allure modérée sans avoir à sortir la tête de l’eau pour respirer, ce qui diminue l’essoufflement et rend l’expérience plus fluide.
Choisissez idéalement des créneaux en heures creuses, dans un bassin à température agréable, pour éviter l’agitation et le bruit qui peuvent être rebutants si vous n’aimez pas l’ambiance sportive. Fixez-vous des objectifs qualitatifs plutôt que quantitatifs : « rester détendu·e pendant 20 minutes dans l’eau », « respirer régulièrement », plutôt que « faire 40 longueurs ». Vous associerez ainsi la natation à un moment de calme et de décompression, et non à une épreuve.
Le stand-up paddle en eau calme : équilibre et exploration
Le stand-up paddle (SUP) consiste à se tenir debout sur une grande planche flottante et à se déplacer à l’aide d’une pagaie. En eau calme (lac, rivière tranquille, bord de mer par temps doux), l’activité est étonnamment accessible même aux débutants, surtout si l’on commence à genoux puis à moitié debout. Le travail principal se fait au niveau du « core » (ceinture abdominale et lombaire) et de l’équilibre, mais la perception d’effort reste modérée.
Ce qui rend le SUP particulièrement attractif pour ceux qui n’aiment pas le sport, c’est son côté contemplatif et exploratoire. Vous glissez sur l’eau, vous observez le paysage, vous écoutez les bruits de la nature : on se croirait davantage en promenade qu’en séance d’entraînement. Les micro-ajustements permanents pour garder l’équilibre renforcent pourtant vos muscles profonds sans que vous ayez l’impression de « forcer ».
Beaucoup de bases nautiques proposent des initiations encadrées et des locations à l’heure. Vous pouvez commencer par une courte session de 30 minutes, en choisissant une météo clémente et un spot peu fréquenté. Avec l’habitude, vous pourrez prolonger ces sorties et les transformer en véritables randonnées aquatiques, seul·e ou en groupe, pour allier activité physique et expérience de nature.
Les approches minimalistes et micro-exercices quotidiens
Au-delà des disciplines organisées, il existe une autre voie pour celles et ceux qui n’aiment pas le sport : intégrer des micro-exercices dans la vie quotidienne. Plutôt que de bloquer une heure pour une séance que vous redoutez, vous parsemez votre journée de petits moments de mouvement cumulés. À la fin de la journée ou de la semaine, la somme de ces gestes représente une vraie activité physique, sans jamais avoir pris la forme d’un « entraînement ».
Cette approche minimaliste repose sur un principe simple : chaque occasion de bouger compte. Monter les escaliers plutôt que prendre l’ascenseur, marcher en téléphonant, descendre du métro un arrêt plus tôt, faire le ménage de manière un peu plus énergique, jardiner, jouer avec vos enfants ou votre chien… Toutes ces actions augmentent votre dépense calorique et sollicitent vos muscles. L’OMS rappelle d’ailleurs que l’activité physique « incorporée » au quotidien a des bénéfices comparables, à intensité égale, à celle réalisée en salle de sport.
Pour que cette stratégie fonctionne, il peut être utile de vous fixer de micro-objectifs concrets, par exemple : « je prends systématiquement les escaliers jusqu’au troisième étage », « je marche 10 minutes après le déjeuner », « je fais 5 minutes d’étirements devant la télé ». Considérez ces gestes comme des habitudes d’hygiène, au même titre que se brosser les dents, plutôt que comme des exploits sportifs. En quelques semaines, vous aurez augmenté votre niveau d’activité sans avoir changé radicalement votre emploi du temps.
Construire une routine d’activité physique progressive sans mentalité sportive
La dernière pièce du puzzle consiste à transformer ces découvertes ponctuelles en une routine durable, sans adopter pour autant la « mentalité sportive » qui vous rebute. L’enjeu n’est pas de devenir addict au crossfit ou de préparer un marathon, mais de faire du mouvement une composante naturelle de votre mode de vie. Pour y parvenir, mieux vaut privilégier la régularité à faible dose plutôt que les grands élans de motivation vite épuisés.
Une stratégie efficace consiste à choisir une activité plaisir principale (yoga doux, danse, aquagym, marche ludique…) et à l’inscrire à un horaire fixe chaque semaine, comme un rendez-vous avec vous-même. Autour de ce pilier, vous ajoutez progressivement des micro-exercices quotidiens : escaliers, petites marches, ménage dynamique, jeux actifs. Imaginez votre routine comme un buffet varié plutôt qu’un régime strict : vous piochez selon votre énergie, votre humeur, votre emploi du temps.
Pour entretenir la motivation sans tomber dans l’obsession, vous pouvez suivre quelques indicateurs simples : qualité du sommeil, niveau d’énergie dans la journée, sensation de raideur ou de souplesse, humeur générale. Demandez-vous régulièrement : « Est-ce que je me sens un peu mieux dans mon corps qu’il y a un mois ? ». Si la réponse est oui, même légèrement, c’est que vous êtes sur la bonne voie, quel que soit le nombre de calories brûlées ou de kilomètres parcourus.
Enfin, autorisez-vous à ajuster votre routine sans culpabilité. Une semaine chargée ? Contentez-vous des micro-exercices et d’une courte marche. En vacances ? Profitez-en pour tester une nouvelle activité ludique ou aquatique. Plutôt que de vous étiqueter « non sportif·ve », voyez-vous comme quelqu’un qui explore des façons de bouger compatibles avec sa personnalité et ses contraintes. À ce prix-là, il devient tout à fait possible de rester en forme même quand on n’aime pas le sport… du moins, pas sous sa forme traditionnelle.